mercredi 2 janvier 2008

Guerre-Eclair


Elle se lève comme

Dépossédée de sa force

Vive cette beauté qui mourut

Près de moi alors qu’elle

Avait tant donné des heures

Se piquant désormais de

Larmes - Inhabitée


Des insultes soudaines

Une pluie brûlée de haine

J’ai vu le mal s’abattre et

Je m’en suis protégé - les

Mains dans l’acide l’odeur

De l’acide comme sortie

D’une bouche déformée


Plus tard je l’ai revue

Les bras chargés de courses

Avec le souvenir de l’injure

Entre nous - elle semblait

Accablée par les réponses

Pour toujours sous le grain

Etait-ce si important ?


On a tous terminé ainsi

Ejectés de force ou épuisés

Mais évidemment à l’heure

Sépia quand la ville devient

Brune l’éclairage est cruel

Il faut rentrer dans la gravité

La bêtise ou la violence


Entre nous une scène vorace

Qui s’est reproduite encore

Et encore - combien sont

Debouts à vivre comme avant

A survivre de courses et de

Réponses qui n’en sont pas

L’être attaqué à sa source


Par un instrument de combat

Des visées volcaniques

Qui s’autodétruisent ou tuent

Dans la charge et s’installent

Au sommet - de quel mont ?

Elle est descendue dans une

Noria un chapelet sans fin



lundi 31 décembre 2007

Desert From The City


Il a vu fondre sa vie

Un ciel au fusain

Charbon de bois écrasé

Par un doigt sur une couche

Ivoirine l’apparence

De l’ivoire un simple

Aperçu de l’atteinte


Ce voyage le sien va

Prendre fin - il le regrette

Puis dans un geste de

Désertion mêlé de

Courage et de lâcheté

Il emprunte une allée

A l’odeur mouillée


Elle chemine entre des

Maisons mal entretenues

Des couleurs par plaques

Et du lierre partout cette

Matière brillante et grasse

L’accompagne jusqu’au bout

La passerelle suspendue au-


Dessus des rails et le sol

Durci par le froid qui

S’ouvre par endroits les

Cadavres de feuilles roussies

Et craquantes - à ce bruit

Se greffent celui des navires

Dans l’attente et ceux des


Machines lovées au coeur

D’étranges bâtiments aveugles

Sans nom ni logo - des portes

Coulissantes en fer et rien

D’autre à part toutes les

Deux ou trois minutes le

Dégagement d’une fumée


Dans le paquet il n’y a plus

Qu’une cigarette celle qu’il

Garde précieusement depuis

Des heures en se disant qu’il

La fumerait avec dans l’oreille

Ces bruits de nature et d’industrie

Se fusiller pour désertion...



jeudi 27 décembre 2007

Angels Light


Dans la lumière des anges

Je brûle la pression un étau

Qui a tué mon sommeil

Oh non elle ne m’aura pas

La lumière des anges qui

Clignote comme un aver-

Tissement la peur la peur

In the light of angels

En permanence sur un fil


Un fil de lumière détruisant

La confiance - casse le désir

De vivre ensemble les anges

Sous une cloche de verre

In the light of angels

In the light of angels

L’indépendance vire au

Refus tous ces flashs

Du rouge au bleu du


Blanc à l’or dans le viseur

Oh non elle ne m’aveuglera

Pas - je l’emprisonne et la

Manipule comme une

Menace enfermée proche

Mais sous contrôle elle

Se déplace s’éloigne et

Revient plus violente encore

Elle saigne et s’en va


Miroite dans une glace

Grossit au point de m’envahir

La peur la peur de perdre

Le contrôle et de partir

En charpie : un fantôme

Dans la foule des jours

De lumière - in the light

Of angels capturée par ces mots

Le viseur tant qu’ils sont là


Elle reste supportable

Emprisonnée je la mate

Dans ma poche le monstre

Parcourt l’angoisse illuminée

De toutes les incertitudes

vendredi 21 décembre 2007

Degré - Zéro


Dans un carton rafistolé

Avec du scotch noir qui

Lui aussi se décolle laissant

Des lettres s’échapper

Les échanges intimes d’une

Autre époque qui bouge encore

Un pied dans la - un autre ici

Une rencontre qui se lit comme

Une carte : des lieux des places

Des restaurants des galeries

Et puis cette écriture affolante

Tenue droite à l’encre


Merde : je distingue ma mort

Je plonge dans le carton et c’est

Comme un apprentissage de

La trace : il voulait faire ce

Que je fais - dans une lettre

Il le dit clairement - je pense

A cette coïncidence : quel prix

Je paye pour cela - la stéréo

Crache iLiKETRAiNS

La bouteille de bière a

Perdu de sa fraîcheur et

J’ai comme une mission


A accomplir : que le contenu

De ce carton garde sa poésie

Intacte qu’elle soit même

Sublimée c’est tout ce que

J’ai - une noblesse à rendre

Ces noms inconnus pour la

Plupart ces régions jamais

Visitées des pays évoqués

Que voit-on au fond

D’un océan de lettres ? THE

ACCiDENT et STAiNLESS

STEEL - mon visage s’est


Durci comme s’il avait voulu

Fondre un jour sans profondeur

Un empire frappé d’amnésie

Rien sur le jeu les détournements

Au détour d’une phrase la prison

Apparaît - elle vient de s’ouvrir

A nouveau la dimension d’un

Box une alcôve un condensé

Parmi les autres débris qui font

Un bloc - une vie dans un carton

Un héritage qui se mérite

Une nouvelle bière...


jeudi 20 décembre 2007

Full Of Hate


Toute la splendeur de sa ville

Qu’elle nomme “ma ville grise”

Mais elle n’en croit pas un mot

Elle le dit parce que c’est une

Coutume et aussi pour ne pas la

Regretter trop - vieille ruse des

Gens qui s’en vont bientôt

C’est tellement plus facile de

Haïr ce qu’on a aimé à la

Folie tellement plus facile...


S’emparer de sa vie avec une

Aisance indécente et la démolir

Avec une peine immense entendre

Un “minable !” voir flou quelques

Minutes dans le flou le boulevard

De l’Europe - il est encombré

Toutes les voies prises d’assaut

C’est tellement plus facile de

Haïr ce qu’on a aimé à la

Folie tellement plus facile...


Se mettre à l’amertume parce

Que nager n’est plus qu’un

Beau souvenir : je nageais si bien

Je nageais si loin les dés ont roulé

Mauvais chiffres - un si beau

Souvenir qu’il me fait presque

Frémir regretter que la mer existe

C’est tellement plus facile de

Haïr ce qu’on a aimé à la

Folie tellement plus facile...


Lorsqu’il l’a pris par le col

De sa veste en jean la douceur

Et son torse près du sien il a failli

Céder mais un sursaut un recul et le

Rejet “je ne suis pas comme ça sale...”

Alors qu’il pense encore à cette

Soirée - dans ses pensées toujours

C’est tellement plus facile de

Haïr ce qu’on a aimé à la

Folie tellement plus facile...


On n’a plus l’énergie d’aimer ou

De comprendre on s’attache moins

Souvent la sobriété des sentiments

Recueillis en soi dans une paix insidieuse

“Je n’aime plus ” l’idée de s’en remettre

Une provocation à la vie elle bat sans

Nous - se dilapide lamentablement

C’est tellement plus facile de

Haïr ce qu’on a aimé à la

Folie tellement plus facile...

mercredi 19 décembre 2007

Splif Poem


Il y avait ce gars

Au comptoir d’un bar

Qui n’existe plus

Boulanger de son état

Il me demande simple

Et discret si je ne veux

Pas acheter en gros :

Du shit en quantité

Madame Monsieur

Du shit en quantité !


Il me montre

Où il habite tout à

Côté son gamin dort

Il doit le nourrir et ne

Veut pas d’histoires

C’est ce qu’on appelle

Un plan tranquille

Pas d’histoires entre

Nous c’est aussi ça

Le trafic : une balade


Madame Monsieur

Du shit en quantité !

Aussi simple qu’un

Bonsoir et aussi

Chaleureux qu’une

Rencontre amicale

Ne jamais perdre

De vue la sortie de

Secours et ne jamais

Négliger le plan du


Quartier soûl beaucoup

Mais les manières

Les gorgées trop faciles

En quelque sorte amères

Sont des signaux

Chez moi c’est une

Malédiction : dépister

La sombre activité

L’aveu impossible

Ce qui éclabousse


Sa propre image

Ainsi il me propose

Une transaction au

Comptoir cheveux bruns

Chemise ouverte les

Mains trop blanches

Gibier chasseur dealer

Nourris de songes

Madame Monsieur

Du shit en quantité !

mardi 18 décembre 2007

Protected Against Pangs


Ils s’étendent les

Renoncements le long

D’une existence doucement

Le son de sa voix rattrapé

Par une armée d’instruments

Une vague et nous dans le

Rouleau avant de couler


Le chat dans son panier

Me surveille et attend sa

Bouffe con d’animal il se

Lave et coupe ses griffes

Pour en faire d’autres qu’il

Me plantera dans la paume

A l’heure bénite du repas


Ces animaux ont dû

Lire Tchekhov ils n’atten-

Dent que de la nourriture

Fraîche et c’est terminé le plus

Pénible est comblé l’attente est

Satisfaite - du panier il se dirige

Vers son rebord de fenêtre


Durant deux heures il

S’enivre du quotidien :

Rapides livraisons sous un

Soleil inoffensif ciel neutre

Indolent dans son bleuté puis un

Moment le passage d’un avion

Boeing Airbus pour une métropole


Il suit la fléchette qui ne

Se plantera sur aucune cible

Seul sur son rebord seul avec

Tout le monde comme l’a

Ecrit le Buk ou seul avec

Tout un monde à l’envers

Dans ses yeux jaunes


Je me souviens de celui

Qui l’a précédé sur ce rebord

Il est mort sur le tapis dans la

Chambre un matin de bonne

Heure il s’est couché dessus

La tête baissée une fourrure

De misère un repli éclairé