mercredi 30 novembre 2022

Ferveur


 










Tout le jour

Le mal d’une

Absence

Que l’on redoute

Comme une

Conquête indigne

 

Le corps en fuite

Lointain mirage

Que l’on néglige

 

Peut-être au

Profit de cette

Langue humaine

Que l’on

Recherche avec

Acharnement

 

Tout le jour

Le mal d’une

Absence

Que l’on raisonne

Doucement

 

On se fait

Pourtant violence

Pour l’effet

D’un regard

Nu


De quel geste, son repentir sur la peau, sommes-nous les vies…D’aller et venir en nos êtres profonds, ombres douces qui s’unissent là sur un mur, comme l’humble humeur de notre feu. De cet office que l’on célèbre, guidés par de pures et simples aumônes de nous-mêmes. Quand nos triomphes, quelque chose comme cette lumière, pôle affranchi des sommeils en péril, tout lacérés…Cet éveil, enfin, dans l’irradiance de ta chair…

Aucun Bruit


 











Que l’on s’agite

Près d’une falaise

Au seuil d’une ville

Il est toujours

Question de vide

 

D’un corps embrassé

Avant le règne

Des vieillards

 

On se dit

Que l’on voit

Toujours la clarté

 

Que l’on sourit

Trop gravement

 

Et d’autres choses

Encore

 

Quand on ferme

Les paupières

On peut même

Voir les étoiles

 

Sous la forme

D’une nuit

Urbaine

Que l’on traverse

En soi

mardi 29 novembre 2022

Aube/Brunante

Son âme est

Veuve

D’une éternelle

Caresse

De cette joie

En hécatombe

 

D’une saveur

Déjà connue

 

La voilà revenue

Ses lèvres en calice

La colère lascive

Encore sans tâche

 

Sous le rayon pâle

D’un matin tremblant

Qui finira par

Mourir jusqu’au

Lendemain

 












Est-ce pour cela

Que ruissellent toutes

Ces morts ?

Parfums pleins

De murmures

Qui semblent

Demander :

 

Comment te sens-tu ?

Comment vois-tu

Venir l’aube ébloui ?

 

Est-ce pour cela

Que les choses vont

Si vite sous l’éclatant

Mirage qui nous

Éclaire ?

 

 

 

S'étendre


 








Répandre autour

De sa prison

Le pardon

 

Ce que l’on sait

De ce fleuve

Vénéneux

Qui coule en soi

 

Ce que la fatigue

A cueilli

 

Le théâtre intérieur

De nos regrets

 

lundi 28 novembre 2022

Gravure



 









Au morcellement

Confus et chaotique

On oppose ces

Lignes rivées

 

À la lettre

Au flot amer

Qui monte

Au visage des

Bourreaux

 

On oppose cette

Force dramatique

 

Aux images

Errantes ces

Rumeurs de la rue

 

On oppose ces

Paysages scrupuleux

 

Sauvages à la

Manière

 

Dans la fange des

Mots accumulés

 

Qui survivent

Au milieu des

Choses vivantes

 

Et des choses inertes

 

C’est une sorte

De salut

 

L’étude acharnée

De ses aspects

 

La seule inquiétude

Infatigable

 

L’amour à jamais

 

  

Vision (2)


 

 









Dans un même

Mouvement

Comme des lumières

S’éteignent

 

Et que l’on est

Brusquement plongé

Dans le noir

 

Sans l’éclat

Des yeux

 

Les paupières

Qui se ferment

 

Et tout disparaît

 

L’idée qu’il ne reste

Qu’un visage

 

En reflet sur

Un vitrage

 

Pas davantage

 

Et qu’il ne reste

Que ça

 

Au bord

Du jour

 

Est inimaginable

 

Les regrets

Amers de la

Fatigue

 

Et l’amour

Intact

 

 

 

 

vendredi 25 novembre 2022

Vision


 









En mal de présence

Cette âme trop lasse

N’a que la force

D’une affirmation

 

La seule qui puisse

Encore étancher

Le désir de vivre

 

Ne pas mourir

Comme pris

Dans la glace

 

Les mains jointes

Le cœur absent

Mort d’éclore

À la ville

 

Et d’y tomber

Corps et biens

 

jeudi 24 novembre 2022

Encor










On enterre

Plusieurs fois

Ce qu’on est


Dans ce long

Calme et

Son immobile

Passion


On enterre

Le pire de ça


Comme on attend

Le retour d’un sommeil

Apaisé


Cette nuit amoureuse

Dans laquelle on est entré

Sans jamais pouvoir

En sortir


Là où l’on aperçoit

Le meilleur de soi

Que l’on a si souvent

Abîmé


Toutes les portes

Au clair d’un jour 

Retrouvé


Et le désespoir

Que l’on voudrait tant

Enterrer à son tour 



mercredi 23 novembre 2022

A La fenêtre


 









Le regard

Sur les toits

 

Perché sur

Un cœur

Expirant

 

L’ombre triste

D’un immeuble

 

À faire trembler

L’oubli

 

Où l’on voit

Se clore

Comme un rêve

 

Où l’on meurt

 

Éployant la peur

Dans la nuit

 

Dans les chairs

De la nuit

 

La douleur

Que l’on voudrait

Abolir

 

 

mardi 22 novembre 2022

L'éternité

 










Où s’éternise

La transparence 

 

Cet acte insensé

Dans chaque instant

Laissant derrière soi

Comme un cadavre

 

Ce monde soudain

Déchiré en soi

 

Où l’on s’étrangle

De silence et

De peine

 

Comme on parlait

Pour s’aveugler et

Chasser les traumas

Cassant la grâce

 

Où s’éternise

Pourtant

L’amour

 

lundi 21 novembre 2022

Ce Qui Emporte


 











Il ne s’agit pas

De nier

Mais de fuir

L’énoncé

Cette absence

Au savoir

 

De bien comprendre

Dans le calme apparent

Que l’on déploie

 

De bien comprendre

Ce que l’on va endurer

Avant même

 

Mais ça ne marche

Jamais

Ça ne marche pas

Comme ça

 

De poursuivre

Lieu après lieu

Le contraire

De l’agitation


L'amour indélébile

 

Et de finir

Exsangue

Au point de

Départ

 

vendredi 18 novembre 2022

Conjurer

 









Nous étions

Dans la soif

 

Le réconfort

D’un désir

Assouvi

 

Cette apparence

Jusqu’aux sédiments

De l’existence

 

Sous nos pieds

À chaque pas

Sous chaque trottoir

 

Le mode d’emploi

Trop souvent perdu

Du langage


Comme un lendemain

De soûlerie

Et de mauvaise

Chute

 

Là où s’élève

Une église

 

Pour conjurer

Les gestes

Inutiles

jeudi 17 novembre 2022

Au Vent


 







L’espace se meurt

Avant de s’épanouir

À nouveau

 

Échappé d’un enfer

De sa constance

Étincelante

 

Dans une odeur

De chair abandonnée

 

Jetée au visage

De la vie

 

D’une terre

Envahie

Retirée soudain

À la lumière

mercredi 16 novembre 2022

Dans Les Cendres

 










Ce n’est jamais

Qu’une succession

De pensées

 

Ou le souffle

De quelque chose

Qui parle au malheur

Pour l’apprivoiser

 

Comme on longe

Un parc fermé

Son esprit demeure

Même si on ne le voit pas

 

Ce n’est jamais

Qu’une errance

Se mêlant à

Des larmes invisibles

 

Dans cet air transparent

D’un automne épidémique

mardi 15 novembre 2022

D’un Sort


 








Prends ces paroles

Celles qui déchirent

Sous la peau

 

Encore après la mort

 

Faute d’avoir pu guérir

De cette ombre

Que l’on sait impalpable

 

Ce qui reste

De la foudre

 

Ce tas de mots

Et de quartiers

 

Prends ces paroles

Celles qui décomposent

Comme un acide

Le discours

 

Ce qui reste

Du mensonge

 

lundi 14 novembre 2022

Stérile


 











Que l’on se heurte

À l’absence

Ce gouffre qui

Peut être effrayant

 

Ou finalement rassurant

Comme si le temps

S’arrêtait après soi

 

Rive au-delà

Plutôt

 

Où se dresse

Le dernier chant

Loin d’un ventre

Céleste

 

L’arrêt définitif

Forgé par

La chute

 

 

vendredi 11 novembre 2022

Clarté


 








La beauté à la fin

Comme on échange

Les corps

 

En emportant

Le strict nécessaire

Dans ces mots

 

Ce qui emporte

Tout le reste

Au fil des rues

 

Un genre de traversée

De l’abîme

 

Avant les signes

D’un cruel retour

 

Pétri de cités

Millénaires

 

Et de morts

Présumés

mercredi 9 novembre 2022

Au Creux


 









Peut-être

Que l’on change

De tête

 

Peut-être pas

Tant que ça

 

Loin du cœur brisé

De cette folie

Remuante

 

À l’heure poignante

D’un souvenir inscrit là

Au creux du visage

 

Virage et corps

Dans le vide

 

Abandonnés

Par la gravité

À la danse

Presque morte

 

Il y a toujours

Tout autour

L’urbanité

Devenue soudain

Sépulture

 

Mais enfin

Elle respire

Encore

 

D’un autre souffle

D’une autre vie

 

 

mardi 8 novembre 2022

De Nuit











Dans la nuit

Ça rivalise

 

En marge

D’un désert

 

Avec le manque

 

L’univers impossible

À respirer

 

On s’en remet

Aux images

De l’autre côté

De la fenêtre

 

Au vent

Comme un

Texte clandestin

 

Que l’on entend

 

Sa plainte presque

Infinie pénétrant

La chambre

 

Parole abyssale

Comme la présence

Inaudible de la ville