vendredi 14 juin 2024

Ville

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Du passé à celle

du présent - ou l’

inquiétude sournoise

adossée aux remparts

de l’insomnie – avec

l’âge on la prend avec

distance – après coup

on se dit que c’est

un beau ravage – un monde

acceptable – de cette

voix intérieure autorisée

par la violence – sentiment

d’étrangeté – la ville

ne bouge plus – elle

n’est plus cette masse

nerveuse et luisante

que l’on aime tant –

noir complet avant

de revenir peu à peu

à elle-même – ce qu’elle

est – court-circuit

permanent qui nous

débarrasse des tombes –

jeudi 13 juin 2024

Cosmopolite

 

 

Dérogeant
À ce qui doit
Mourir

À ces rues
Promises
Aux brutes

On préfère
S’assoir
Au milieu
Du monde

Où les plaies
Se referment
À la lumière
Des abandons

Survécus par
L’exil et la peine

Les paroles urbaines
Et l’éternel premier
Jour contre les
Murs de haine

Contre tout
Ce qui fait
Que le cœur
Éclate

Et que l’on glisse
Entre le crépuscule
Et la mer

Quand les mots
Deviennent
Matière


mercredi 12 juin 2024

Mutisme

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous les visages
Guerre ou mémoire

Tout ce qui vacille
Et nous ramène
Au trouble

Comme on fait
Tomber les murs

Un lieu pour
Disparaître
Aux chaos

Là où l’on cesse
De se perdre

Comme verrouillé

Entre les hautes façades
Blanches et le ciel

Où le corps est imperceptible

La pensée qui ressemble
À l’oubli de soi

Alors que ta main
M’arrive de très loin


mardi 11 juin 2024

À Venir

 

 

 

À regarder
Trop loin

Bien après
Ce printemps
Fragile

Qui ne sait
Où tomber

Et qui montre
Son triste
Visage de pluie

On se brûle

Fatigué

D’avoir vu
Par les fenêtres
Toutes les morts
Possibles

Les peines passer
Entre les mains
Comme du sable

Puis s’enfoncer
Dans un dernier silence


lundi 10 juin 2024

War Machine

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Tous ces faits
Parmi des années
En ouvrages déposés
Occupent nos corps


Leur cause est
Entendue
Comme frappée de
Stupeur


Devenant chronique
Presque contemporaine
L’histoire qui
L’emporte habituellement
Elle est toujours en
Fer et sa nature
Mauvaise


Le portait
D’une ville défunte

Même si

La nuit t’oblige

Qu'elle t’efface
Et t’effleure
Qu'elle sépare et
S’arrête à ton
Regard
 
Tout ce mal
Au monde
S’arrête
Pourtant ici

A ces couleurs
Comme des ondes

Broyant  tous
Les moments
Propices à la
Disparition
 
La nuit t’oblige

Alors elle t’efface
Et t’effleure
Elle s’agrippe à
Toi sans
Te souffler
Le moindre mot
 
On s’accroche
A ces couleurs

Comme à des
Sentiers cachés
Menant au
Monde clair

vendredi 7 juin 2024

Gravité

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le souvenir du noir
Des abîmes et de
Sa lumière

Où l’on creuse
Et voit plus clair

Là où l’on se reproche
De comprendre soudain
Les failles

Et de les porter loin

Là où la nuit
Toujours

De cet usage
Qui s’écoule

Comme une pluie
Déroutant nos pas

On y perd un usage
Douloureux

On y  gagne le son
Intérieur de sa
Paisible gravité


jeudi 6 juin 2024

À Ciel Ouvert

 

 

Cette vie inconnue
Qui n’en finit pas
De garder ses réponses

Son désir presque
Musical de tenir

De sa voix nue

Aux limites étranges
D’un corps à peine connu

Aux périphéries
Comme des chants
Résonnant entre
Les tours

Loin de ses propres
Colères

De l’être et du vivre

Par où tout recommence
Et réplique aux blessures