jeudi 1 décembre 2022

Réponses













La paume brûlante

Posée sur ton album

Ouvert. Lovée

Comme une apocalypse

Une évidence. De mon

Champ de ruines à ton

Parterre et ses feuilles.

Je vois divers allusions

Chemins scandés. 

D’où vient cette

Impression de miroirs

Et de routes empruntées ?

De ta voix sans doute, 

Aux éclats lancés comme

Un verre se casse. Et

Me blesse et m’arrache

La peau, que je te tends.

La paume brûlante

Posée sur tes veines

Enflées, comme des

Flux inaccessibles 

Que des doigts je 

Devine. De mon 

Pas limité je tente

De te suivre, et j’y

Parviens, par de

Graves détours, ces

Lumineux travers que

Tu offres, comme

Des réponses intenses,

Livrées sur ton dos…

Qu’il me suffit de

Cueillir, pour 

Comprendre.


Vent


 










Tout le temps

On s’occupe

Du vent

 

De construire

En dépit de tout

Cette confiance

En lui

 

Pour sentir la vie

S’engouffrer

Malgré tout

 

Comme ce visage

À la fenêtre

 

Muraille qui se fend

Et se dissout

Dans l’extérieur

mercredi 30 novembre 2022

Ferveur


 










Tout le jour

Le mal d’une

Absence

Que l’on redoute

Comme une

Conquête indigne

 

Le corps en fuite

Lointain mirage

Que l’on néglige

 

Peut-être au

Profit de cette

Langue humaine

Que l’on

Recherche avec

Acharnement

 

Tout le jour

Le mal d’une

Absence

Que l’on raisonne

Doucement

 

On se fait

Pourtant violence

Pour l’effet

D’un regard

Nu


De quel geste, son repentir sur la peau, sommes-nous les vies…D’aller et venir en nos êtres profonds, ombres douces qui s’unissent là sur un mur, comme l’humble humeur de notre feu. De cet office que l’on célèbre, guidés par de pures et simples aumônes de nous-mêmes. Quand nos triomphes, quelque chose comme cette lumière, pôle affranchi des sommeils en péril, tout lacérés…Cet éveil, enfin, dans l’irradiance de ta chair…

Aucun Bruit


 











Que l’on s’agite

Près d’une falaise

Au seuil d’une ville

Il est toujours

Question de vide

 

D’un corps embrassé

Avant le règne

Des vieillards

 

On se dit

Que l’on voit

Toujours la clarté

 

Que l’on sourit

Trop gravement

 

Et d’autres choses

Encore

 

Quand on ferme

Les paupières

On peut même

Voir les étoiles

 

Sous la forme

D’une nuit

Urbaine

Que l’on traverse

En soi

mardi 29 novembre 2022

Aube/Brunante

Son âme est

Veuve

D’une éternelle

Caresse

De cette joie

En hécatombe

 

D’une saveur

Déjà connue

 

La voilà revenue

Ses lèvres en calice

La colère lascive

Encore sans tâche

 

Sous le rayon pâle

D’un matin tremblant

Qui finira par

Mourir jusqu’au

Lendemain

 












Est-ce pour cela

Que ruissellent toutes

Ces morts ?

Parfums pleins

De murmures

Qui semblent

Demander :

 

Comment te sens-tu ?

Comment vois-tu

Venir l’aube ébloui ?

 

Est-ce pour cela

Que les choses vont

Si vite sous l’éclatant

Mirage qui nous

Éclaire ?

 

 

 

S'étendre


 








Répandre autour

De sa prison

Le pardon

 

Ce que l’on sait

De ce fleuve

Vénéneux

Qui coule en soi

 

Ce que la fatigue

A cueilli

 

Le théâtre intérieur

De nos regrets

 

lundi 28 novembre 2022

Gravure



 









Au morcellement

Confus et chaotique

On oppose ces

Lignes rivées

 

À la lettre

Au flot amer

Qui monte

Au visage des

Bourreaux

 

On oppose cette

Force dramatique

 

Aux images

Errantes ces

Rumeurs de la rue

 

On oppose ces

Paysages scrupuleux

 

Sauvages à la

Manière

 

Dans la fange des

Mots accumulés

 

Qui survivent

Au milieu des

Choses vivantes

 

Et des choses inertes

 

C’est une sorte

De salut

 

L’étude acharnée

De ses aspects

 

La seule inquiétude

Infatigable

 

L’amour à jamais