vendredi 15 février 2019

La Source


















Ensuite on passe
Tout seul le pont
Rempli d’un savoir
Que l’on croit profond
On imite sa vertu
Et l’on devient
Ce corps composite

On oscille entre
Le clair et le confus
Cette qualité formelle
Que l’on inscrit
Dans le marbre
A grands coups
De poèmes

On cherche un
Visage enchanteur
On se tire
De l’erreur
Des couteaux
Dans le dos

Alors on poursuit
On s’empare
De l’esprit
Comme un signal
Pour fuir
Les flatteries

Et poser des mots
Encore et toujours
Dont la « profondeur
Ne cache pas le fond »


jeudi 14 février 2019

Sillage























Le cours ainsi tracé
N’est jamais effacé
Tu fixes le ciel

Le temps
Plus ou moins

Tu contemples
Et tu rends grâce
Mais tu vois bien
Sur ce corps
Là-bas

Ce qui passe
Et qui laisse
Un sillage

Traversant l’espace
Et la chair

Les souvenirs
Clairsemés
Se doublant
D'une couche
De plomb

Tu répliques
Et te bats
Sous le coup
De ces rayons
Dégagé de la
Peur



mercredi 13 février 2019

S’étourdir

















Mais tout
Ce que l’on
Voit
Pendant
Ce voyage
Étincelle
En éclats

Comme un
Foutu feu
Ardent

Que l’on traduit
Mal
Qu’il faudrait
Traduire par
La grâce d’un jour

Avec tous ses
Désaccords

Accents
De ville et
Ses désirs

Pour apaiser
La soif

De l’âme
Et du reste

mardi 12 février 2019

Pérennité






















Des armées au
Bord des yeux
Je regarde le fleuve
Qui s’écoule
Comme une onde
Une ville qui
N’en finit jamais
De s’étendre

Le jour peut bien
Naître à peine
Ils cheminent
Toujours ainsi
Au milieu
Des vies

Elle peuvent
Bien lentement
S’achever

Ces mouvements
S’érigent eux
Perpétuels

Et se rassemblent
Au fond
D’une journée

Comme des pensées
Naissantes
Qui ne s’éteignent
Jamais







lundi 11 février 2019

Sur Nos Bords


















Pas mal blessé
Par l’épure

Par tous ces mots
Qu’on voulait dire

Ils espéraient quoi ?

Que les bruits
De la ville
Mettent fin
Aux tristes silences

Qu’ils mettent
Des images
Sur les angles morts

Pas mal blessé
Par ces pensées
Comme des rivières
Que l’on peine
A canaliser

Sauf là
Au-delà
De la seule
Raison encore
En vie

vendredi 8 février 2019

Merle Blanc


















Traîne encore
Le vent d’un
Océan

Celui qui soufflait
Du port
Laissant les corps
Désemparés
Les mains lasses

Ce vent qui pourtant
Renouvelle nos vies
Couvrant la ville
D’une écume tremblante

On en meurt
Je le sais
Plusieurs fois

On lui survit
Je le sais
Le cœur blessé

Doucement changé
Couleur grise
D’un automne
Etoilé

jeudi 7 février 2019

De La Mort et de La Poésie






















Revenir de
L’obscène
De cette furtive
Angoisse

Le soleil
Le silence
Ou la mort

On s’entr’aime
On s’en va
Comme à la guerre

Le feu
Son ombre
Ou la mort

On se tourne
Vers la nuit
Son sinistre
Et sa haine

Le crépuscule
La chair
Ou son deuil

Aucun de nous
N’y croit vraiment
A ce récit

On continue pourtant

Puisqu’en effet
La nuit feint

D’être un art