vendredi 24 mai 2024

Et la nuit

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne penser
À nulle autre
Possibilité

Qu’aurais-je
Accompli ou
Compris
Sans la misère
Du trouble

Dans l’éclat
De cette distance
Intérieure

Et de ces marches
Citadines

Un chiffre nu
Qui ne dit rien

Sauf le déchirement
Et l’incantation

Et sans doute
La clarté pesante
De tous les détails

Un accès à cette part
De l’esprit toujours
Réveillé

Toutes lumières
Allumées

L’été et la nuit

jeudi 23 mai 2024

Un Réveil

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La page était sombre

Déchirée par les défaites
D’un monde trop isolé

Comme si dehors
La perfection ou
La norme

Ou le regard sans
Les doutes

Étaient l’ordre et
Tous les mouvements
Où l’on se désintègre

Un zénith sans déchirure

Le retour des feuilles
Et celui d’un soleil
Encore froid

Sur les étages
Soudain rétrécis
De nos angoisses

mercredi 22 mai 2024

Dans le Bruit

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soufflant dans un
Même transport

Le bruit de ce vent
Que l’on entend

Comme le rappel
Incessant d’une
Impossibilité

Sans cesse renaît
Ce mouvement intérieur

Que l’on plaque
Sur l’habitude

Celle qui nous porte
D’un lieu à un autre

Même dans cette
Parole écrite

Si difficile à lire
Comme un plan
Trop complexe

Où l’on se perd

Profondément
Dans sa propre
Lumière

mardi 21 mai 2024

Sacro-Saint (2)

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rêve impossible
D’une pensée moins
Dévorante

D’une cité qui
Ne s’étendrait plus
Bien au-delà du possible

Où les sirènes ne seraient
Plus agressives même
Et surtout devenues
Silencieuses

On marche dans cette
Presque éternité

Environnante et
Trop sûre d’elle

Alors que l’on
Trébuche en soi
À chaque pas

Qu’elle est un rivage
Que l’on regarde
En l’absence de cette
Part rayonnante

Écroulée sous le
Poids de sa masse



lundi 20 mai 2024

Gravure

 image


Au morcellement
Confus et chaotique
On oppose ces
Lignes rivées
À la lettre

Au flot amer
Qui monte
Au visage des
Bourreaux
On oppose cette
Force dramatique

Aux images
Errantes ces
Rumeurs de la rue

On oppose ces
Paysages scrupuleux

Dans la fange des
Mots accumulés
Qui survivent

Au milieu des
Choses vivantes
Et des choses inertes

C’est une sorte
De salut

L’étude acharnée
De ces aspects

La seule inquiétude
Infatigable

vendredi 17 mai 2024

Reconstruire

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout parsemé
De tentatives
Et d’extases

Pour atteindre
Avec ce corps
Une ère presque
Vivable

Comme on construit
Une ville et ses
Lancinants vertiges

Et finir par recomposer
Pièce après pièce
Cette pensée complexe

Qui ressemble
À une épuisante
Accumulation

D’espaces inapaisables
Que l’on explore

Avant d’adopter
Pour ce qu’ils sont

Ces fragments que
L’on croyait épars

Alors qu’ils ne sont
Que le corps central
De notre vie

jeudi 16 mai 2024

Souvent

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chant du pont
Sa rumeur libre
Déracinée
Que l’on traverse

Avant qu’elle
Emporte

À l’assaut des
Nuages trop bas

Et suspendus
Entre ciel et
Matières

Ta silhouette
Traversant le
Tablier

Le geste incessant
De l’élévation

Alors que tu sais
Le seuil à ne pas
Franchir

Cette ambition
De l’édifice

Qui diffuse tard
Le soir les feux
De véhicules

Trop aveuglants
Pour être saisis