vendredi 29 février 2008

Silver Fox Club


In A Bad Light 19
Mise en ligne par YK.2

Je ne pouvais pas te suivre
Je ne pouvais pas te suivre
Tu me tenais à l'écart - à l'écart
De tellement de choses
Tellement de choses...
Tu pouvais tout réussir - tout
Tout près du triomphe
Il ne faut plus courir après
Le chercher de l'American Bar
Au café de l'Europe - il ne faut plus
Dans ces endroits publics comme la morgue
Comme la morgue
Elle m'aimait moi aussi
Elle m'aimait et je n'ai rien vu
Trop près du triomphe
Mais c'était toujours illicite en
Marge de la loi - quand tu lèves
La main sur elle c'est moi que tu frappes
Tu frappes moi ! Tu frappes moi !
Personne ne peut plus te sauver
Tu finiras sur les bords de la Tamise
Avant d'être jeté dans le fleuve
Viens t'étendre un instant et ne
M'accable pas - je t'ai cherché dans
Toute la ville - dans toute la ville
Ils veulent ta peau mon vieux
Tu dois être sur le qui-vive - sur tes
Gardes ils te rattraperont et te jetteront
Dans la Tamise - dans la Tamise tu vas
Finir - personne ne peut plus te sauver
Tu n'as jamais trouvé ton art - ce moyen
D'expression qui t'aurait tiré de là
De la nuit de la ville sauvage
Tu resteras un fuyard - un fuyard
Faut plus courir - il est trop tard pour toi...
Tu es un homme mort

(Night And The City - un vol qualifié)

jeudi 28 février 2008

Un Autre Endroit

(Hypertext)


Je me dis que les versants

De la cité - inconnus rebelles

Aux traitements - sont une

Espèce de bénédiction - l’urgence

Aurait pu les contraindre - les

Mater les éteindre comme un

Incendie volontaire parti d’une

Cave ou d’un hall d’entrée

Ils se cachent jouent avec

Mes nerfs - là où je suis

L’avenir se colore de l’angoisse

Et de ces rares moments de joie


Qui se délectent d’un jeu

Enduit de couleurs inaptes

Désormais capables de

Réciter la terreur : elle trans-

Figure l’hiver et les autres

Saisons balayant les places

Frangées de maisons survivantes

De la guerre - moi je l’ai prise

Adoptée comme un nouveau frère

Je la suis mais c’est impossible

De comprendre et de dire quoi que

Ce soit - elle court pareille à l’eau


Souterraine - parfois elle se montre

Parfois elle s’enterre même si

J’adopte la douleur même si

Elle est invisible et qu’elle colore

Ma vision du monde et devient

La blessure ce point central - un

Equilibre enraciné dans une terre

Accueillant tant d’épaves dont je

Suis - au bord de l’ivresse

D’un trouble immunitaire

Cet ennemi invisible jouant

Avec mes nerfs - se dévorer


Avant l’heure - elle sera toujours

La compagne fidèle de mes craintes

J’attends mon heure j’attends mon

Heure recueillant les signes comme

De nouvelles chansons à l’ordre

Brumeux me faisant penser à des

Villes du nord - Rotterdam

Glasgow Liverpool - je les visite

Dévorant leurs rues sublimes - je les

Adopte faute de trouver l’âme morte

Illuminée par ces accords dangereux

Autour desquels je tourne sans cesse


Parce qu’ils sont mon ancrage

Et qu’ils bâtissent une inconnue

Obsédante mais jamais à

La portée de mes bras

Cet ailleurs que je m’interdis

mercredi 27 février 2008

With Discretion


C’est parti un soir

Le ciel était dégagé

Il s’est couché pour

La dernière fois

Laissant dans la

Cuisine une vaisselle

Propre sur l’évier

Un torchon blanc sur

Une patère - à l’usage

Détourné : que le ciel

Reste clair étanche

Aux chimères : c’est


Quelquefois aussi simple

Le ciel se dégage

Reste les objets parfois

Des aliments encore

Chauds sur le gaz éteint

Une assiette sur une table

Un verre renversé - sometimes

Les vices apparents sont

Orphelins aussi vite que

Ça - c’est et pas autrement

Un mystère qui remplit

Les gestes quotidiens


Au passé - le torchon

Est pris dans un vent

Discret - des objets peuvent

Tomber sans être aussitôt

Ramassés - c’est toute

La différence - ils tombent

Sans être ramassés

L’animal domestique devine

Ce qu’une pièce muette

Dit : tu peux partir

Et il s’en va ou hurle ou

Se couche


C’était chez lui - il est parti

Des types au regard dirigé

Vers le sol tenant un

Mug souvent un verre d’alcool

Qui ont choisi de partir

En laissant derrière eux des

Pièces muettes - un quotidien

A peine troublé : un dernier repas

De la vaisselle sur l’évier

Et le mystère discret

Qui remplit l’espace d’un

Souffle animal (abandonné)


A discreet touch of blue...

mardi 26 février 2008

Unsteady


Pluie Artificielle 8
Mise en ligne par YK.2

Sectionné par les soupçons
Je vais rompre le lien
Je vais rompre le lien
Il m'étouffe ce sentiment
La défiance envahit l'écran
Est-ce cela que l'on recherche
Tous ? Est-ce cela que l'on sectionne
D'un coup sec et direct : je ne veux plus
Te voir - comme des ondes elles font
Vaciller les croyances : des conversations
Inutiles les douleurs étouffées - retardées
Par la fatigue - ça ne m'intéresse pas
Sauf si cela m'empêche un jour de
Courir dans ces lumineuses directions
Sauf si cela m'empêche un jour
Alors d'accord je dirai tout mais
Il est trop tôt - la nuit vient tout
Juste de s'épanouir - et des heures
Noires me commandent : chiens de
Minuit - crevures dans les bars
Crevures dans les bars et ailleurs
La tête dans les mains - sale chien
On embrasse ce que l'on veut détruire
Parce qu'il dépasse le contrôle de soi
Sinon comment expliquer les risques
Les accidents - les membres sectionnés
Je ne veux plus te voir - la messe est dite
Elle sonne avec l'hésitation : sur le parvis
Et dans l'obscurité : ai-je bien décidé ?
Ai-je bien parlé ? Je suis seul au milieu de...
La démarche incertaine : je ne sais plus

lundi 25 février 2008

Terminus


C’est en voulant jeter

Le désordre et les doutes

Comment font les autres ?

Aller au-devant et se risquer

Comment voir les autres ?

Que les ennuis ont commencé

Si on peut appeler ça des

Ennuis - c’était la solution

Finalement : déjà gravée

Dans l’esprit - depuis le

Début et jusqu’au terme


La ligne est au bout : à

Peine plus loin que le ravin

Deux voitures entièrement

Taggées - au rebut avant le

Nouveau départ et l’odeur

De peinture à la bombe

Elle a flotté bien après la

Dégringolade - bien après

Ainsi vont les chutes : silen-

Cieuses et anonymes

Les effluves de la bombe


Et quelques visages - les traits

Esquissés et la vie dans les

Fissures et les défauts du mur

C’est eux qui font ressortir ce

Qu’il faut - le barrage retenant

Les haines : HATE!

La ville qui tourne à perte

Comment font les autres ?

Comment voir les autres ?

Les fissures et les défauts

C’est en voulant les mettre en


Valeur qu’elle s’est rebellée

On ne les découvre pas

Sans les conséquences mortelles

Qu’elle porte en elle : HATE!

Sans les conséquences mortelles

Qu’elle porte en elle : LOST!

Des charges négatives à la sortie

Sans les conséquences mortelles

Qu’elle porte en elle : HATE!

Sans les conséquences mortelles

Qu’elle porte en elle : LOST!



vendredi 22 février 2008

Ville Intérieure


In A Bad Light 16
Mise en ligne par YK.2

De ces jours où soudain
Tout ralentit - des années prises
En quelques heures j'apprends
A regarder de l'intérieur - imaginer
Cette langue secrète qui se déroule
Et reconstruit aveugle et immobile
Je ferme les yeux et je vois - ressentir
Les descentes ouvrant sur les chantiers
Les formes géométriques inaccessibles
Mais tout est là - à l'intérieur
Des kilomètres en pensée - la côte vers
L'église le jardin dans son carcan de pierre
Je laisse l'espace s'étendre à sa guise
Et je m'y précipite - en pensée
J'attends le retour de la...
A son retour l'univers étrangement
Se rétrécit - et il m'arrive de souhaiter
Le pire pour décrire encore ces images
Les fils électriques d'un immeuble sur
La rive - noirs et sur lesquels se posent
Des oiseaux - les rectangles blancs usés
De tous les passages dans la masse grise
Le massif et la densité interdite aux...
Les mots s'évaporent dans l'immense
Un moment ils s'unissent avant d'imploser
Avant d'imploser dans l'esprit et de
Reconstruire une autre vision - accessible
A ces grues plantées là au bout des allées
Droites - écrasées de soleil et d'un froid
Intérieur - d'un froid attendu autant que
Redouté : le poison et le remède
Enfin ils libèrent la puissance - toute leur
Puissance - l'énergie courant dans les veines
Dans la ville intérieure : rien ne la limite
Rien - pour entrer dans la peau d'une...
(On the inside)

jeudi 21 février 2008

Stare Into Space


Tendre le vide et le silence

Le vide et le silence réparateur - il

Ralentit le désastre - disons

Qu’on le voit venir et que l’on

Peut s’y faire - mais ce n’est pas

Ce qui arrive ce n’est jamais ce qui

Se passe - il se frottait le visage

En étirant son oeil droit jusqu’à

Faire apparaître le blanc et le sang

Cette bouche d’ivrogne et ce teint

Livide - avec ces rides qu’il arrivait

A faire passer pour des rides de

Vieillesse alors qu’il en était encore

Très loin - de la vieillesse


L’alcool lui avait épargné

Le nez : un gros nez bien rose

Pas du tout abîmé par le vin - mais

Comme il disait en faisant une grimace :

Ça va venir mon gars y’a pas de raison”

Une jolie cicatrice sur son front avait

Exactement la taille d’un tesson

De bière - “une bouteille cassée un

Jour de colère - pas le livre hein

Qu’il précisa - un vrai jour une vraie

Colère - et puis merde encore !

Je suis toujours en colère”

Tous ces types rencontrés ils se

Ressemblent trop c’est dingue


Celui-là il parlait du temps

C’était bizarre les petites rides qui

Fripaient sa peau comme des

Vagues sur le sable - il parlait

En commençant ses phrases par un

Oh Brother” suivi de “mon gars”

Il disait : “je veux plus entendre

Ce bruit infernal : l’annonce

De l’effondrement - il monte

Lentement depuis combien

De temps déjà ? En divaguant

D’une rue à une autre et depuis si

Longtemps - mais le temps ne

S’arrête pas on dirait même


Qu’il s’accélère le fumier

Il s’accélère - l’emportera tout

Sur son passage lorsque la machine

Est lancée y a plus d’espérance à

Conquérir - elle s’emballe

Les gens y croient et la suivent

J’les plains de tout mon coeur

Même si j’ai pas de leçons à

Donner - ça fait longtemps

Que je m’suis écrasé et plus bas

Que terre - mais quand même

J’les plains” - là-dessus il se

Remettait à frotter son oeil jusqu’

Au sang et à demander à boire


En remerciement de ces quelques

Paroles - the void in his life

Qu’il ne souhaitait à

Personne - à personne