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On pense
A la démence
Cet affront
Aux jours passés
Qui gonflent
Les rues
Effaçant toute la
Joie possible
Imaginable
Voilà que l’on
Pleure depuis
Quelques jours
Cette ville défaite
Mais debout
Qui résonne d’un monde
Souterrain
De son architecture
Qui s’abat subitement
Sous la défaite
Et l’on commence
À comprendre où
L’on est
La faille tectonique
D’un futur possible

Comme si l’on
Avait tout le temps
Sous les yeux
Alors que l’on ne
Voit que des ombres
Sur des tapisseries
Et que l’on entend
Battre son cœur
Comme l’exact
Contraire du
Jugement dernier
Ce temps sous les yeux
Qui défile à l’instar
D’un fil d’information
Sans vraiment savoir
Ce qu’il fait
Toujours surpris
Par l’orage
Sans jamais prendre
Le temps d’écouter
Le miracle des villes
Au milieu de la
Pensée sauvage

À chaque fois
Que l’on succombe
Que l’on surpasse
La douleur et
La crainte
Ce face à face
Avec la parole
Inutile
Un sort qui nous
Échappe pour
Obéir à d’autres
Rives
Tout cet amour
Déposé au creux
De nos bras
Comme une poudre
Noire de sa lumière
Couleur réflexion
D'un lien qui s'écoule
En dépit de tout

C'est la densité
De tout ce bâti
- Là où tout semble
Aller et venir -
Qui retient le corps
Et l'esprit
Ce qui entraîne
Comme un moteur
- Le même sentiment
Fugace et douloureux -
A qui l'on prête
Nos forces
Comme une cité
Renaissante
A mesure qu'on
L'arpente
Et tout ce qui défile
Me rappelle
Inlassablement
Le grondement
De mes terres
Infertiles
Jusqu’au jour où
Le périple nous conduit
Aux recoins secrets de
Nos cœurs – puisque
Rien ne manque
Des immeubles
Bleus en verre aux
Alarmes exubérantes
Qui résonnent d’un
Quartier l’autre – des
Corps oripeaux d’
Enfance – pour des
Raisons mystérieuses
Empreintes massacrant
D’abord quelques-uns
De nos jardins – avant
De nous réduire aux
Désaveux – nos vies
Ébréchées – lieux
Réduits en miettes
Au final recomposées
Comme si la vigilance
Des vies – leur goût de
Fer – sautait aux yeux –
L’on devine à leur semi-
Obscurité qu’elles
Viennent d’un endroit
A la beauté patiente –
Bien trop au-dessus du
Monde – de ses charognes
De ses corps qui ne sont
Pas des territoires -

Aux périls
Qui éclosent
À naviguer
Au milieu
Des plans
Des adresses
En pagaille
De tous ces regards
Ébouriffés
Loin pourtant
De la guerre
De toutes ces fleurs
Mauvaises
Là où s’épanouit
Ce qui là-bas meurt
Toutes les heures
Anciennes qui courent
En moi
Et qui s’effondrent
En approchant trop
Près des souvenirs
Comme je cueille
Ta présence au
Passage

Ce grand spectacle
Que l’on démêle
Des prémices
De l’aube à la fin
De cette vie imprécise
Que l’on mène
D’une rue à l’autre
D’une peine à l’autre
Autant de larmes
Séchées comme
Le lit d’un fleuve
Coupant en deux
La ville et le reste
Dessinant ce beau
Paysage accidenté