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Jusqu’au noir
Maintenant
Dans sa dérive
Inhumée
Cet âge d’or
Que l’on regarde
À la manière
D’une architecture
Se réglant
Sur le temps
À la manière
D’un vide
Devenant plein
Et d’une marche
Jusqu’à la perte
Que l’on décrit
Dans le détail
D’un lieu
À perte de vue
Cesser de compter
Quand s’effondre
La mémoire
Le souvenir précis
Qui devient
Une souffrance
Un espace trop vaste
Que l’on ne veut plus
Connaître
Sauf morceau
Par morceau
Dans ce détail
Que l’on n’a pas
Encore vécu
L’insolence
De l’inconnu
Sa grâce partout
Visible sur les murs
Absorbe les reflets
De l’inquiétude
En renaissant
D’accidents
Trop souvent
Refoulés
Les disparitions
Originales
Autant de débris
Délivrés avec
L’âge
Désormais suivi
D’un fantôme
Le chemin
Des ombres
Errant parmi
Les rues
Insensibles
Les impudeurs
Et les rumeurs
Dans l’éblouissement
Du vivant
Pour cette raison
Ta main ouverte
Posée sur le drap
Me rappelle
À la nuit
Ce cantique
Si lointain
Son air sombre
Qui ruisselle
Emportant
La haine
Que je porte
Parfois
Contre le frémissement
De la guerre
Et les insolences
Trop musclées
Pour être honnêtes
Bruissent alors
Les arbres
Ton corps
Se tournant
Vers la fenêtre
Prendre garde
À toute sorte
De souvenirs
Des agressions
Le droit de crever
Ce genre de refus
Prendre garde
À ce temps
De pourrir
L’écume noire
Que l’on chasse
Comme l’œil
Déchiré par le mal
Cet excès des mots
Posés pour pulvériser
Les fractures
Enfin le risque
Que l’on s’en fait
Ce cœur sous
L’orage
Son domaine
Intouchable
Comme du sang
Comme de l’eau
Pour descendre
Ce qui vit encore
La joue posée
Contre ton bras
Pour deviner
Le jour se tenant
Derrière la fenêtre
Le doux écho
De ton souffle
Qui me rebranche
Automatiquement
Là où trop d’inquiétudes
Animent mon rythme
Comme des ombres
Qui dansent et dansent
Encore
De cette terre violente
Son immortelle promesse
Comme tes lèvres
Qui remuent
Tes doigts posés
Sur le visage
Ces mots forgeant
La nuit
Sa tempête intérieure
Et cette mise à mort
De cette terre violente
Son immortelle promesse
Qui seule
Peut finir
Par tuer
Ce que j’éloigne
De toutes mes forces
En te regardant
Encore et toujours