mardi 10 mars 2020

Histoire (2)























D’un soleil hivernal
Qui semble s’attarder
Pas encore las
Sans doute
De son emprise
Maladive
Tombent nos
Lettres

Comme des
Villes en déplacement

Des rayons couchants
Que l’on regarde
Comme les derniers

Alors qu’ils ne sont
Que les méandres
D’un temps dérobé

Le vol infâme
De nos années
Que semble contenir
Le sommeil
De la lumière


lundi 9 mars 2020

Histoire
















Il y avait là
Des époques
Enchevêtrées

Impossible
De s’en souvenir
Exactement

A part peut-être
Le désir immortel
De sombrer
Dans la violence

Il y avait là
Des quartiers
Convulsifs

Impossible
De s’en souvenir

A part peut-être
Les vestiges incertains

Morceaux d’abord
Funestes avant
D’être beaux




vendredi 6 mars 2020

Souterraine


















Ce tyran du monde
Que l’on retrouve
Ce bruit qui court

Le signe évident
D’un spectacle
Dont l’offense
Est le moteur

C’est la mort
Que l’on apprivoise
Que l’on respire
Convulsivement

On y voit seulement
L’œuvre d’art

La profondeur
Compliquée
D’une ville
Dans laquelle
On marche

Et surtout
L’heure capable
De compromettre
L’inévitable



jeudi 5 mars 2020

Détourné





















Ces mots sont
Comme une présence
Puissante et monotone

Chaque jour ils s’imposent
Décrivant ce mouvement
Intérieur

A l’image d’un retrait
Un peu fatigué

Eclairé pourtant
De toutes les forces
A peine poétiques

Tenant d’une main
Des années toxiques
Toute la mythologie
De la destruction
Petit  à petit

En fait une vraie
Prière un office
Trop cher payé

Avant de tourner
Le regard vers
Une autre raison

Pour y lire
Enfin mes pensées

mercredi 4 mars 2020

La Mer Miroite


















On dirait encore
L’agonie du jour
Les feux des
Candélabres
Qui attirent
L’oppression
De la nuit

On dirait encore
Les profondeurs
D’une solitude

Ivre pourtant
D’une ville presque
Infinie

On dirait encore
Cet exil
Qu’une simple
Lumière accable

Cette espèce de mort
Eblouissante
Que l’on voit

S’affaisser
Au fur
Et à mesure

Et tomber
Dans une rade





mardi 3 mars 2020

C'est Ici


















C’est ici
Le refus
De l’effacement
Des noms
Et du reste

C’est ici
Comme un
Langage
De Celan
Et du reste

C’est ici
Un fleuve
Immense
Qui emporte
Encore et toujours
Ce corps

Toujours le même
Au fond

Cette nuit
Qui jette
Ses ténèbres
Comme ça

Dans les discours
Comme la délivrance
D’un monstre



lundi 2 mars 2020

Harmonie


















C’est là
Qu’il faut aller
Où les heures
Profondes
Ressemblent
A la femme aimée

Ce grand fleuve
A l’air sombre
Peinture idéale
Sous le vernis
De la ville

La vie elle-même
Qu’il rejoint
Comme la grâce
Accordée
Jusqu’à la rupture

Le souvenir alors
Des façades
Assoupies
De la couleur
Indécise
D’un crépuscule
Aux portes
Du printemps