jeudi 26 mars 2015

For Intérieur
















Je ne confonds pas
ce qui cerne ton corps
débris et poussière de
nos vies – à l’égal de
ton soleil – là à tes
côtés – mon seul visage
attentionné – tu accompagnes
mon retour – ma vague
douce et chaude – mon
unique fenêtre – et quand
j’entrouvre ta porte je
reconnais ce qui fait
le plaisir et l’importance
à vivre – posé là
sur ton iris de
visiteur funèbre je
deviens seulement
le prolongement
de ta gravité – le
mourant que tu
acceptes et qui s’
échappe de son noir
pour venir se refléter
dans ta lumière – et se
noyer dans tes motifs
confidentiels


mardi 24 mars 2015

Underground
















Ce fragile aveuglement
tu sais quand la nuit s’
approche de ta peau –
que les yeux se ferment
au péril ou pas – on l’
ignore encore – le jour
te brûle – ou s’acharne
ou te caresse – tu t’
éloignes je demeure
ainsi amputé – c’est
comme ça – c’est
agréable parfois
un juste retour des
choses – et le plaisir
de l’attente – j’écris
je fixe – je pense ou
je danse sur un monde
en moi – je construis
avec de l’encre – le
savoir de ta présence
quelque part est déjà
un bonheur – je traque
des rivières souterraines
je descends pour ça
sous la terre – et me
laisse porter par
la vitesse – elle est
grisante – comme
sous les pieds de la
ville – je te sais
et c’est une joie -

vendredi 20 mars 2015

Recite





















A cette fin – parole
éteinte – ne reste que
le sens ou l’allusion –
incertain temps et
sa rhétorique du passage -
un temple qui s’ouvre
en ton sein – et tout
cet azur puisé dans
ton regard – pauvre et
belle prière comme
un texte douloureux –
la trame fine des
souvenirs – en secret
tissu – tout ne tient
ensemble que par
ta bouche – ta peau
comme imprimée m’
indique ça et là
telle souffrance
formulée – rapide
et trouble – redevenue
pour une seconde un son

jeudi 19 mars 2015

Misty


















Brûlure en soi
le bruit de l’eau
soulage un peu
et le jour qui s’approche
de ta joue – à la limite
d’un langage – tu sors
de la nuit – de cette
douleur lancinante
de la nuit – le tracé
d’un fleuve au fond
de ton âme – son
mouvement presque
muet – et parfois
même sa disparition
complète – se dire
que le visible n’est
là que pour nous
porter à l’invisible –
qu’il délivre ses
traitements – qu’il
nous laisse aussi
sur le bord – et
les rives plantées
d’immeubles -


mercredi 18 mars 2015

Des Profondeurs
















Au départ l’insignifiant
l’aile fragile c’est l’image
exacte de la respiration –
je la retrouve après l’
avoir perdue – dans
les coursives d’une
ville souterraine – l’
ombre que me confère le
soleil artificiel – l’
éventail des couleurs
et des paroles – ce
long voyage qui s’
écoule et ma présence
au cœur de la terre
c’est d’abord un
dialogue – une chance
peut-être d’y être –
la forme brève des
mots entendus – comment
vous parler de la
survie ? De ce brouillard
de l’après ? De ma
naissance à nouveau -
encore et toujours
mourir et revenir –
se mêle aux bruits
assourdissants mais
agréables parfois –
de cet espace qui
vous absorbe – et vous
propulse ensuite à la
surface – au monde
aveuglant – je ferme les
yeux – les rouvre m’
enivre de l’air à ce
point brûlant – de mes
profondeurs je reviens


vendredi 13 mars 2015

Time Exposure





















Il sera temps
de faire – même
tremblant et nu –
ou le long des rues
dans la tension
intérieure – cet
éclat dur parfois
dans les yeux –
le rehaussement
subit de sa
personne – il sera
temps de prendre
et de ne pas laisser
retomber – l’or
de ton cou – le tendre
refuge de ta peau
et d’autres mystères
encore – il sera
temps solidement
installé dans son
corps réparé d’
oublier les morts
dans la lumière –
de regarder partout
et de tenir entre
ses mains les peurs
blotties

mardi 10 mars 2015

Shining




















De ces vues discréditées
époque à ce point
définie  autour d’
un provisoire spectacle –
puis-je affirmer que tu
rayonnes et ruisselles –
qu’ainsi tes fragments
de porcelaine bleue
ne sont jamais emportés
dans cet éphémère
déplorable – mais
qu’ils s’illustrent et
ne masquent rien –
j’étouffe de l’affliction
dirigée – je rêve dans la
ville ancestrale que l’on
s’acharne pourtant à
rendre accessoire –
toi tu parles à travers
les ténèbres mais ne le
sais pas – tu étends tes
mains à la lumière la plus
belle – mais sans le
dire – et l’éclat
séducteur qui
renaît sans cesse à la
vie – qui perce encore
et toujours la poussière
de l’envie – vient
me dire que le
bleu profond qui
t’envahit est le
principal – même si
tu ne le vois pas -